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Maternologia


Sensibilisation à la Maternologie

Sensibilisation à la maternologie donnée en 2007 chez un médicin généraliste devant une vingtaine de médecins généralistes et de psychologues.

Merci d’être venus pour une séance d’Information/Sensibilisation à la maternologie. Je dis bien sensibilisation au sens de rendre sensible à … Car ceci n’est pas un cours.
La maternologie s’adresse à nous tous, quel que soit notre âge. Elle vient éclairer d’une certaine façon le sens de nos vies.
20 ans pour mettre (à peu près) au point la maternologie – dix livres et 25 numéros de revues – ne peuvent se résumer en trois heures. J’espère simplement que ces trois heures vous donneront envie d’en savoir plus, envie de vivre la maternologie pour vous-mêmes et de travailler avec ses acquis.
Sensibiliser et informer. Et non pas former.

La maternologie

La maternologie nouvelle science médicale créée en France en 1987 par le docteur Jean-Marie Delassus, est caractérisée par :
– la prise en compte de la vie du fœtus pendant la grossesse et de l’état dans lequel il se trouve en naissant.
– la prise en compte de l’histoire de la mère, depuis sa propre naissance à elle jusqu’à la pré-naissance de son enfant
- la prise en compte du moment essentiel de la naissance.

J.-M. Delassus a été le seul à avoir une démarche inversée par rapport à celles des autres scientifiques, c’est-à-dire chercher à savoir quelle a été la vie du fœtus avant de naître pour savoir quelle trace il peut en rester en lui, en nous tous.
Cette science est le fruit de 20 années d’études dans le service de maternologie de Saint-Cyr L’Ecole en France dirigé par, J.M.. Delassus :
– études cliniques dans son service auprès de plus de mille femmes en grande difficulté avec leurs bébés, et auprès de leurs bébés souffrant de « maladies de la naissance » ;
– synthèse critique de la plupart des études anciennes et nouvelles (Dans „Le sens de la maternité”, J.-M. Delassus cite 115 auteurs.) ;
– élaboration d’une thérapeutique – Au fil des années, son équipe et lui-même ont su de mieux en mieux soigner les femmes, les accompagner dans leur propre démarche vers la guérison.
90 % d’entre elles sont sorties de son service, souriantes, leur bébé en pleine forme dans les bras. Les 10 % restant étant arrivées dans le service avec un bébé de plus de neuf mois quand le cerveau vient de perdre en grande partie sa plasticité..

La vraie vie du fœtus

Un ensemble préside à l’originalité de notre existence prénatale, qui repose sur trois conditions précises :
– l’homogénéité de la vie fœtale ;
– la capacité précoce à ressentir cette homogénéité ;
– les moyens dont le fœtus dispose dès le milieu de sa vie foetale pour enregistrer cette homogénéité, au point d’en être structuré.

1. L’homogénéité

Deux cellules se sont unies et voilà un œuf fécondé. A partir de là, la vie va faire de cet œuf, en neuf mois, un être humain. La mère ne fait pas l’enfant, elle l’accueille. L’enfant est un squatter.
La vie va fabriquer dans l’utérus un milieu de rêve, caractérisé par une super-protection physique, par la constance, l’homogénéité et la perfection vitale. Le fœtus a une vie totale, où tout est là, tout le temps. Le bébé, nous tous, avons vécu le paradis de la totalité.
Le mot « totalité », M. Delassus l’a beaucoup employé dans ses livres mais maintenant quand il parle, il emploie à la place « bonheur », et même « amour », ce qui est moins scientifique, mais plus vrai.

2. Les capacités sensorielles précoces du fœtus

A 12 semaines, le toucher, le goût, l’odorat et le sens de l’équilibration (sans lequel le cordon ombilical s’enroulerait autour de lui) commencent à être fonctionnels, à 20 semaines l’audition et la vision le deviennent à leur tour.
Donc, à la moitié de la vie fœtale, le fœtus ressent son milieu, le ressenti s’implante dans chaque cellule et s’étale dans tout l’utérus, qui envoie à la mère une sensation de fierté.
L’homogénéité de la vie prénatale est donc détectée par chacun des sens sans cesse. La diversité des différents ressentis par les sens s’abolit dans l’unicité de leur objet parce qu’ils ne ressentent que la totalité; les différents manières de la ressentir deviennent une.
L’œil n’a encore rien à voir et pourtant, il se développe, puisque nous ne naissons pas aveugles, Mr Delassus émet l’hypothèse que l’oeil reçoit des stimuli mais en amont de la vue, à partir des voies et des centres de la vision qui sont immergés dans les réseaux des autres sensorialités. Il imagine que les centres visuels constituent ainsi une sorte de destination naturelle et commune pour les impressions des autres sens, ce qui aboutirait à l’habitude d’une vision intérieure précédant la vision extérieure.

3. Vide génétique et mémoire prénatale

Un facteur de toute première importance qui a pourtant largement été négligée par les scientifiques, bien qu’il ait été connu des anatomistes du XIXe siècle, ce sont les zones corticales dites « aires associatives », que M. Delassus appelle « les territoires corticaux libres » (T.C.L.). Vastes zones non programmées génétiquement qui constituent, au minimum, le tiers de l’ensemble du cortex (85% pour certains auteurs).
Dès que leur constitution est suffisante, ce qui a lieu à quelques mois de gestation, ils sont nécessairement aptes à fonctionner et ils réalisent alors des liaisons synaptiques qui intègrent le vécu du moment, celui de l’homogénéité constante : la totalité. Autrement dit, le cerveau du fœtus humain possède les moyens d’enregistrer la vie prénatale parfaite, constante, homogène. L’homme s’en souviendra toute sa vie.
Ce serait un vide génétique qui se trouverait à l’origine de la possibilité de l’être humain. Disons-le autrement : ce qui est programmé chez l’homme, c’est sa non-programmation.

4. Venir au monde veut-il dire être né ?

Le programme génétique n’est plus seul à l’oeuvre dans la constitution du bébé humain. Il en a reçu de la vie un autre supplémentaire qu’on peut appeler le sens de la totalité.

Bien que tout à fait mature, il n’arrive pas, comme la plupart des mammifères, à vivre l’harmonie. Trois facteurs :
° la différence,
° la paralysie (qui provient du fait que le cerveau n’ayant reçu que l’information de l’homogénéité, de l’unicité du tout, se bloque brutalement à la réception des nombreuses informations nouvelles que lui envoie notre monde différent)
° l’attente,
vont intercaler entre la naissance et le moment où le bébé sera en état de se déplacer librement, une période où il est absolument nécessaire que la totalité vécue avant se prolonge par une totalité d’ordre psychique, et pour cela il faut une vraie mère à l’enfant qui vient de naître. Une mère qui, dans sa relation avec l’enfant, par son corps et toutes les sensations de celui-ci, par ses yeux et par ses mots aussi, tant et tant de fois répétés, va rendre effective la naissance psychique de l’enfant qu’elle a mis au monde.
Si cela n’a pas lieu, la peur qui habite entièrement le bébé, la peur devant l’inconnu de ce nouveau monde, devant la différence sans cesse rencontrée, alors qu’il ne peut réagir que par ses cris, la peur jusqu’à la terreur parfois va l’envahir et risquera de le pousser au retrait, le pousser à s’isoler du monde.

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Le regard du bébé à la naissance

La « naissance psychique » qui, pour M. Delassus, dure jusqu’à six ou sept ans, sera facilité grandement si on a pu recueillir le premier regard de son enfant.
Le regard du bébé à la naissance se pose pour la première fois sur notre monde, il est en attente de la suite… Ce regard est saisissant. Il est d’une telle gravité, d’une telle intensité, que l’on ne peut qu’en être étonné, voire fortement ému, ou même touché au plus profond de soi. C’est l’expression d’une stupéfaction, d’une immense attente.
L’effet de ce regard fait naître chez la mère comme chez le père un élan vers le bébé. Leur émotion est à son comble elle permet de communier aussi avec l’ancien nouveau-né qu’ils ont encore tout au fond d’eux-mêmes. Chacun vivra ce moment avec des intensités différentes, bien évidemment.
Le regard du nouveau-né est ressenti comme une demande de vie et cette demande est un message inoubliable qui va imprégner les inconscients des parents de confiance en la vie et les déterminer à ne jamais maltraiter leur enfant.
Dans certains cas cependant (10% en France), l’impact sur la mère, si elle éprouve qu’elle ne sera jamais à la hauteur d’une telle demande, si elle se déprécie d’avance, doutant d’elle-même, cet impact produira alors un rejet momentané ou durable du nouveau-né.
C’est dire l’importance pour le personnel des maternités d’être sensibilisé au sens de ce premier regard.

Conclusion

Pour les profanes

Sachant maintenant avec certitude que le bébé arrive d’un monde parfait et homogène dont il garde pour toujours le souvenir, pour entrer dans notre monde imparfait où règne la différence, il s’agit de le protéger le plus vite possible, c’est-à-dire dès le premier instant de sa naissance, de la peur qui immédiatement l’envahit. Ses bras et ses jambes pliés, qu’on a tant de mal à habiller pendant des mois, ses poings serrés même quand il dort montrent bien la tension qui l’habite bien souvent. C’est pourquoi il faut le mettre avant toute autre chose, tel qu’il est, sur le ventre de sa mère (peau à peau), où il trouvera de lui-même le sein, sentant son odeur, entendant sa voix. Et le garder ainsi deux, trois, voire quatre heures.
Cela permettra à la nouvelle maman de passer du bébé idéal qui vit dans son imagination depuis des mois et même depuis sa petite enfance, à ce bébé réel qui d’abord est si nu, si fragile, si émouvant, plutôt que de passer du bébé imaginaire à une sorte de poupée bien propre tout emmaillotée qui a déjà été portée dans plusieurs bras avant les siens. Un inconnu en somme ! Bien souvent des mères se demandent si celui qu’on leur rapporte, des heures plus tard, est bien le leur. Elles ont l’impression qu’on „leur a volé leur accouchement” !
Dans les premières heures qui suivent l’accouchement, le bébé et sa maman produisent les hormones de l’amour, le papa aussi ; entre tous les trois se créent ainsi des liens très forts, racines de la confiance en la vie pour le petit et de la confiance en leur capacité de répondre à ses besoins pour les parents. Le protéger de la peur, c’est veiller à ce qu’il ne pleure pas pendant les 3 premiers mois au minimum et mieux encore les 5 premiers mois (à cet âge début la constitution du moi du bébé). Jusque là le bébé est incapable de faire un caprice ; cela demande de porter attention à ses différentes demandes qui ne sont pas toutes des demandes de nourriture. Cette période sera comme un sas entre le monde d’avant la naissance et notre monde. Bien vécue, elle empêchera le bébé de désirer retourner en arrière, de devenir un bébé dormant tout le temps, dont on ne trouve pas le regard, indifférent, qui ne sourit pas. Cela empêchera les « maladies de la naissance », les développements incomplets, la maltraitance.

Le protéger de la peur, c’est veiller à ce qu’il ne pleure pas pendant
les 3 premiers mois au minimum et mieux encore les 5 premiers mois!

Contrairement à ce que beaucoup croient, le bébé est un être hypersensible, avec tous ses sens aiguisés depuis longtemps et qui du fait de sa paralysie vit dans l’attente en permanence.

Aux professionnels

Mettre en œuvre dans leur service la possibilité de la première rencontre telle qu’elle est décrite plus haut et la proposer aux parents. Préparer les parents avant la naissance en leur donnant les informations contenues dans ce texte sur l’état et les besoins de leur bébé quand il naît.
Mais que tout le monde soit en harmonie au moment de la naissance, suppose aussi que l’ensemble du personnel croie à tout ce qui est contenu dans ce texte. Il s’agit de déployer doucement une telle sensibilisation en respectant la liberté de chacun que ce soit du côté du personnel ou du côté des parents.
Des films de ces moments forts pourraient aider dans les services de maternité.