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Maternologia


L’accouchement et le premier regard

La confiance de la mère réponse à la détresse du bébé

Le nouveau-né passe d’un monde où il ne faisait aucun effort, à notre monde où tout va être effort. Rivé au placenta, il était pourtant libre et sentait, par tous ses sens qui fonctionnaient depuis quatre mois et demi, une plénitude qu’il recherchera ensuite toute sa vie, puisqu’elle a été enregistrée dans son cerveau, comme dans un disque dur. En effet le cerveau des humains contrairement à celui des autres mammifères n’est pas entièrement programmé à la naissance. C’est donc une véritable révolution, un changement brusque et très important que représente le moment de la naissance pour lui et c’est pour cela qu’il crie. Moment qui, si on ne tient pas compte de ce vécu prénatal va faire vivre au bébé une grande détresse, dès les premières heures de sa vie.

La mère, elle, dans la mesure où elle a vécu une grossesse non pathologique, aura peu à peu « rêvé » de plus en plus à son bébé 1 « Une femme enceinte rêve, c’est-à-dire qu’elle est partie, à l’intérieur d’elle-même, vers sa propre enfance et même vers la partie la plus ancienne et la plus cachée de cette enfance ». Mais elle n’en sait rien. Ce voyage en elle-même l’a conduite tout doucement à être prête pour accueillir son enfant. C’est pour quoi elle sait déjà combien il est fragile et surtout combien il a besoin d’elle tout de suite.

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Si le bébé est enlevé par des mains étrangères, pour le laver, le piquer, le mesurer etc …la continuité du vécu précédent, vécu de totalité paradisiaque, s’interrompt et le bébé se sent perdu. Très vite il a peur. Il n’a pas pu vivre ce dont il avait besoin 2 : « …une période de calme, de quelques minutes à davantage, pendant laquelle se produit un phénomène d’une importance considérable, bien qu’encore largement méconnue. »

En effet le bébé regarde fixement devant lui, parfois autour de lui, d’un regard d’une telle intensité qu’on ne peut qu’être fortement ému quand on le rencontre, un regard interrogateur, un regard qui semble demander tout. Ce n’est pas un regard qui voit mais plutôt un regard qui montre la profonde stupéfaction de l’enfant. Ce regard provoque chez la mère comme chez le père, un élan vers le bébé aussitôt adopté comme leur enfant. Ce nouvel être les appelle au plus profond de leur propre être, laissant en eux comme un message inoubliable.

1« Devenir mère », page 18, Jean-Marie Delassus, Dunod, 1998.
2« Cahiers de maternologie », page 59, N° 25, Jean-Marie Delassus,(juillet-décembre 2005)