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Maternologia


Je suis une personne et non pas un petit animal

Nous vous offrons ici un nouveau petit résumé de la science maternologique. Il est limité de ce fait à la description de la vie du fœtus et aux premiers jours de vie du bébé dans la maternité, auprès de sa maman. Et c’est un bébé qui parle encore une fois.

Un petit animal reçoit du lait de sa maman mais il jouit de la présence maternelle seulement pendant quelques semaines. Sa maman n’a aucun appui, elle doit se débrouiller seule lorsque les petits tombent malades.
Puis son rôle de maman s’arrête et le petit doit se débrouiller seul.

Et moi, le bébé ?

Oui, moi aussi je suis nourri de lait, je suis lavé. Mais, j’ai besoin qu’on change mes couches … etc …
J’ai aussi besoin du regard de maman, de sa voix, de sa chaleur, de son odeur et des battements de son cœur … pour que je ne me sente pas perdu.
Moi et maman, nous avons besoin d’appui et d’un entourage bienveillant.
Je pleure, je ris, je fais des grimaces, je mange et je vomis parfois, je peux refuser de manger. Je fais beaucoup d’autres choses qui sont toutes des messages.
Je suis un livre ouvert. Tous mes messages vous verrez que vous pourrez les déchiffrer très vite. Signé: Le BeBe

I. Le Génie du fœtus

Oui, je suis un génie, parce que depuis que je suis dans le ventre de maman, je suis un être qui se forme et qui s’informe.

Voila comme je me forme

1. Capacités sensorielles:

  • Le sens tactile – débute lorsque j’ai 7 semaines, et à 20 semaines je sens tout mon corps. Je sens le liquide amniotique traverser mon corps et me baigner.
  • Le sens de l’équilibre – débute lorsque j’ai 8 semaines et à 20 semaines il fonctionne complètement. J’ai besoin de ce sens pour maintenir mon équilibre dans le ventre de ma maman et pour ne pas me laisser étrangler par le cordon ombilical.
  • Le sens du goût - débute lorsque j’ai 8 semaines, et à 18 semaines il fonctionne complètement. Je goute le liquide amniotique, goût que je retrouverai et reconnaitrai dans le lait de maman.
  • Le sens de l’odorat - débute lorsque j’ai 7 semaines, et à 25 semaines fonctionne complètement. Les cellules de l’odorat entre en solution et sont véhiculées par le milieu aqueux. Je reconnaitrai le parfum de maman, après ma naissance.
  • Le sens de l’ouïe - débute lorsque j’ai 8 semaines, et à 28 semaines fonctionne complètement. J’entends les battements de mon cœur et les battements du cœur de maman. Si l’on me met tout de suite après ma naissance et longuement sur la poitrine de maman, je reconnaitrai les battements de son cœur et je me sentirai rassuré.
  • Le sens de la vue – lorsque j’ai 20 semaines, je peux déjà fermer et ouvrir mes paupières. Croyez-vous que je ne vois rien dans l’utérus? Je ne vois pas mais j’ai un regard intérieur, ainsi que vous l’avez lorsque vous fermez les yeux.

2. Capacités motrices

Dès les premiers 7-8 semaines je commence à bouger, et pourtant maman ne sent mes mouvements qu’à partir des 18-20 semaines.
Je peux décrire mon développement moteur en trois temps:

  • le premier trimestre, j’ai une activité motrice presque constante;
  • au cours du deuxième trimestre, mon activité motrice commence à se restreindre et à être plus précise, plus coordonnée;
  • au cours du troisième trimestre, on pourrait presque dire qu’elle est organisée sous forme de comportements.

Voilà comment je m’informe:

1. L’homogénéité

Durant la vie intra-utérine, les sens se forment et sont prêts à remplir leur rôle spécifique après la naissance ; ils fonctionnent dans un milieu particulier, caractérisé avant tout par une homogénéité constante.
Que veut dire cela plus précisément? Que tous mes sens transmettent en permanence le même message, selon leur mode de fonctionnement: il n’y a aucune différence, tout est constant – rien ne me dérange, tout besoin est immédiatement satisfait, tout manque est immédiatement corrigé – c’est le paradis, n’est pas?
Tous mes sens qui fonctionnent à capacité maximale des le 5e mois environ, me font vivre une vie homogène : cohérente, régulière, uniforme, c’est-à-dire totale.
Et que pensez-vous que cela donne? Ils sont enregistrés. Comment? Où?

2. Les Territoires Corticaux Libres

Les hommes sont les seuls mammifères placentaires dont le cerveau est doué de nombreuses zones (territoires) corticales libres. Au moins 30% des zones corticales du fœtus ne sont pas programmées génétiquement.
Les territoires corticaux libres ont été découverts vers la moitié du XIXes, la maternologie prenant en compte pour la première foi leur importance pour le fœtus. Le docteur Jean-Marie Delassus a émis l’hypothèse que dans ces territoires corticaux libres s’enregistre pour toujours l’homogénéité de la vie intra-utérine. Ce qui constitue une base biologique pour le développement ultérieur d’une structure psychique originale, ayant la capacité de ressentir la totalité.
3. La totalité

La totalité est le sentiment de bien-être, de paradis, que le fœtus vit dans l’utérus, comme résultat de l’homogénéité de milieu intra-utérin, l’homogénéité des conditions intra-utérines étant doublée par l’homogénéité des sens.

Est-ce cela trop compliqué pour toi, maman?

Ce que je veux dire est qu’au moment ou j’arrive dans ce monde je n’oublie pas le bonheur que j’ai vécu dans ton ventre et que j’ai enregistré dans mon cerveau, dans ce qu’on appelle, ainsi que je te l’ai déjà dit, des territoires corticaux libres. Je m’attends à retrouver les mêmes conditions d’homogénéité, le même bonheur, au moment même de ma naissance. Pour cela, j’ai absolument besoin de toi, maman. Et tout de suite

Dans la conception du docteur Jean-Marie Delassus, l’homme bénéficie d’un sens supplémentaire, à savoir celui de la totalité.
PS. Le cerveau du petit animal est entièrement programmé.

II. L’épreuve de la naissance

Je suis préparé, et maintenant … j’arrive!

1. La naissance physique n’est pas la naissance psychique

  • Ma naissance physique est seulement la naissance de mon corps, ma sortie du corps de maman.
  • Ma naissance psychique : est la naissance de mon psychisme qui va se développer dès l’instant de ma naissance jusque vers 6 ou 7 ans. Puis en continu mais plus lentement. Il se développera a la mesure de vos réponses, chers parents, à mes messages.

C’est le véritable début de la vie indépendante.

PS. Je me demande … un animal, est-il né comme ca?

2. Mon premier cri et mon premier regard

  • Mon premier cri est une manifestation énergique de la souffrance que je ressens au moment de l’entrée dans un milieu totalement différent du milieu intra-utérin d’où je viens. Pourquoi est-ce que je souffre ? Parce que rien n’est comme avant. Je me sens éclater en morceaux et je suis bombardé par tant de nouvelles choses: lumière, chaud, froid, bruits, pression atmosphérique, beaucoup de touchers différents …

Je sens tout ce que sentent ceux qui m’entourent : joie, tristesse, peur, calme, rage. Je sens avec tout mon corps, avec tous mes sens.
Et avec toute mon âme. Ce n’est que toi, maman, qui peux répondre à mon cri, m’expliquant tout ce qui m’arrive. J’ai besoin de tes paroles qui m’expliquent ma vie. Par exemple, tu peux me dire: ,,il fait chaud,, ,,il fait froid,, ,,tu as faim,, ,,je ne sais pas pourquoi tu pleures, tu as peut-être peur,, … ,,ta naissance a été difficile,, …

Je suis né … et maintenant, parlons de moi, le nouveau-né. Que fis-je d’abord? Je crie ! Puis, j’ouvre mes yeux et je regarde!

  • Mon premier regard est un regard profond, très intense et grave. C’est l’expression de ma stupéfaction, de mon étonnement profond, parce que je ne comprends rien de la brutale interruption de ce que j’ai vécu avant. C’est l’expression d’une attente. C’est une demande de vie vers mes parents. Souvent mon regard vous touche profondément et soudain nous voilà tous amoureux les uns des autres.

Quand je soulève mes yeux vers vous, maman et papa, c’est le début de notre amour, du dialogue entre nous trois.

PS. Je me demande … un petit animal, a-t-il des attentes, regarde-t-il dans les yeux ?

III. L’allaitement ou le cycle du don

Que-est ce qu’allaiter? Nourrir ou donner à manger?1

Ce que je peux te dire, maman, c’est que lorsque tu m’allaites, j’ai  besoin en plus d’une autre nourriture. Mon allaitement a normalement trois phases? Les voilà :

  • L’absorption – dans tes bras, je suis d’abord concentré, je calme ma faim, avalant le lait, parfois avec gloutonnerie.
  • Le dialogue – quand ma faim s’est calmée, je cherche ton regard. Dans tes bras, je vis le dialogue du regard entre moi et toi (tu sais que je cherche ton regard, tes yeux, dès ma naissance). Ton regard, ta bouche me sourient. Moi aussi je me détends et je te souris. Je me sens en toute sécurité, tu me donnes du bonheur et tu te réjouis de mon bonheur.
  • La rêverie – je finis de me nourrir dans tes bras et me sentant protégé et en sécurité, je peux me tourner avec confiance et regarder le monde qui m’est inconnu et qui me fait peur.

Voila donc, quand tu me donnes à manger, que tu m’allaites au sein ou que tu me donnes le biberon, tu me donnes du lait, mais aussi ta chaleur, tes sourires, ton odeur, ton regard, tes paroles, en un seul mot du bonheur, et moi, à mon tour en souriant, en me détendant, je te redonne du bonheur. Voila, maman, ce que J.M. Delassus appelle le cycle du don, qui représente la base sur laquelle se construit ma confiance dans la vie, mon amour pour la vie.

PS. Je me demande … un petit animal, vit-il toutes ces choses?

IV. Et toi maman?

Tu as fini un temps, celui de ta grossesse et fini le temps du bébé imaginé, peut-être depuis que tu étais toute petite. Une nouvelle période de ta vie commence, plus rien ne sera jamais pareil, te voilà responsable de moi, vous voilà responsables de moi, chers parents. Tu ne le sais pas mais pendant ta grossesse tu rêvais jour et nuit : tu retournais tout doucement vers ta propre enfance, ta propre naissance. Si ta naissance s’est bien passée, si les événements qui t’entouraient à ce moment-là étaient des événements heureux tout ira bien. Mais si ce n’est pas le cas alors des difficultés vont se présenter pour nous. Plus ou moins graves, cela ne vient pas de toi mais de ce que tu as enregistré dans ton cerveau, dans ton inconscient au moment de ta naissance et que le mien enregistre aussi. Si c’est le cas, je t’en prie maman va parler à un spécialiste ! N’aie pas peur, il n’y a pas de honte à dire ou à penser je suis une mauvaise mère. Tu sais, l’amour trouve le moyen de passer par des voies inconnues de nous. Mais je le répète, je t’en prie maman ne crains pas d’aller dire toutes tes pensées même les plus folles à un thérapeute. Ce problème de la difficulté maternelle se présente dans dix pour cent des cas, depuis toujours et partout.
Tu t’es peut-être dit, lorsque tu es restée seule avec moi: «mais que-est ce que c’est ça?», «qu’est-ce que je vais en faire?». Ne crains rien tu apprendras vite. Si ce n’est pas le cas va parler à un thérapeute, je t’en prie, maman.
Je t’apprendrai, de toutes façons, comme je pourra!

Si vous avez bien lu ce qui précède vous savez que mes pleurs ne sont pas des caprices mais l’expression d’une peur, d’un mal-être ou même d’une angoisse. Vous comprenez donc qu’il s’agit de me consoler chaque fois que je pleure et ce jusqu’à mon cinquième révolu, période où mon moi commence à apparaître.

PS. Je me demande … un petit animal sent-il cela?

Conclusions

Après tout ce que je vous ai raconté, pensez-vous toujours que je suis un petit animal?
Maman, je suis sûre que tu as trouvé dans cette petite brochure des explications que t’aident à me comprendre.
J’espère également que tu as compris qu’il s’agissait d’être avec moi, dès le début, de communiquer avec moi, comme avec une personne, parce que j’en suis une,et d’essayer de comprendre mes messages. J’ai besoin d’être soigne physiquement, et aussi de recevoir une attention constante, de ressentir ton désir de construire mon bien-être.
Si cela ne se passe pas ainsi, cela peut avoir des conséquences graves. Je t’explique: imaginons une maman qui croit que son bébé ne voit et ne sent rien avant l’âge de 3-4 mois. Elle s’occupera de lui ainsi qu’elle s’occuperait d’un petit animal. Est-ce qu’on parle de la même façon à un bébé et à un animal? Non! On lui dit la vérité sur ce qu’il vit pour qu’il puisse avoir des repères et que son cerveau peu à peu puisse faire les connexions nécessaires.
Pour établir de bonnes relations avec les autres, il faut que le bébé se sente bien avec sa maman et son papa, dès les premiers jours, les premiers mois de sa vie.

1 «On dit «donner à manger» et on ne fait pas attention qu’il y a là le mot «donner», que le langage nous dit que la nourriture relève d’un don. Le mot « donner » s’est pourtant considérablement affadi, a été envahi par ses aspects pratiques, matériels : « Donne-moi ça » dit-on … C’est souvent dans ce cadre, en y ajoutant le fond d’affection nécessaire, que l’on considère le nourrissage de l’enfant, y compris par sa mère. Elle « donne » le sein, le biberon, le lait, l’amour, sa présence, son attention; elle a «donné» la vie … (Jean-Marie Delassus, Cahiers de maternologie, no 19, juillet-décembre 2002)