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Maternologia


Cesarienne, un caprice?

L’atelier de maternologie III (15 et 16 mai 2010)
Resume de la recherche sur les repercussions de la cesarienne ou apparition d’une methode discriminatoire de mettre au monde

Nous avons travaillé en trois groupes, presque entièrement composés de psychologues.

Premier groupe :

Origine et répercussions de la césarienne-caprice pour la mère.

Causes

Les femmes ont peur de souffrir et aussi peur de la naissance et de la mort (ambivalence).
Elles ont peur qu’une naissance naturelle (avec péridurale la plupart du temps !) traumatise leur bébé.
Elles manquent d’information sérieuse et complète sur le processus normal de la naissance du bébé et sur celui de l’accouchement.
La césarienne leur permet d’attribuer la responsabilité aux médecins.
Une rigidité décisionnelle les pousse à maîtriser la date de la mise au monde de leur enfant, par besoin de contrôler tout.
Elles sont habitées par des mythes funestes qui se transmettent de générations en générations : femme morte en mettant au monde, bébé mort à la naissance.
Les mots (les croyances ?) du village racontés sur internet.
Elles pensent offrir l’enfant comme cadeau offert au père. Par l’effet de la médicalisation, cela devient un cadeau propre.
Elles veulent imiter les vedettes des médias et se laissent influencer par leurs amies.

Conséquences

La perte du vécu psychique et physique de la naissance. Impression durable d’avoir été volée de son accouchement, de ne pas avoir mis au monde l’enfant.
Difficultés à reconnaître cet enfant comme le sien.
L’adaptation du bébé se fait plus difficilement.
La césarienne produit un retard pour mettre le bébé au sein et l’allaiter.
Il peut y avoir des complications postopératoires : embolie etc …
Il peut aussi y avoir un sevrage forcé par les complications, et/ou par l’administration de médicaments.
Cette opération peut laisser une cicatrice très inesthétique.
La césarienne trouble le déroulement du cycle hormonal naturel qui favorise la création du lien mère-bébé.
Des difficultés sont possibles dans les soins du bébé par la mère (prise dans les bras) à cause des douleurs.
Le coût de la naissance est plus élevé. Accoucher de cette façon devient une question de prestige.

La césarienne d’urgence.

Causes

La médecine est insuffisamment informée.
La mère ne se soigne pas, fume, boit, est secouée dans des charrettes cahotantes, travaille jusqu’à la naissance.
Le fœtus se présente mal. La grossesse est gémellaire. Le bébé a le cordon autour du cou …
Le développement fœtal est inquiétant, on découvre une souffrance fœtale.
L’accouchement est trop long, le col ne s’ouvre pas.
Des malformations génétiques ont été découvertes.
La future mère est malade, il existe une incompatibilité dans les rhésus.
Naissance trop prématurée …

Conséquences

Le sentiment de culpabilité est moins fort : » Il le fallait, c’était une urgence. »
L’enfant a été en danger, celui-ci est écarté, les conséquences sont positives sur le plan physique.
Pour la prochaine naissance il y a des risques, si elle est trop rapprochée.

Deuxième groupe:

Répercussions de la césarienne-caprice chez l’enfant

Si la future mère a fait ce choix par peur, elle ne peut donner la sécurité à son enfant. Le bébé sait sa décision, il l’a sentie dans son ventre, il a peur lui aussi, il sent l’angoisse de sa mère.
Si elle l’a fait par commodité, elle se traite elle-même comme une voiture qui à la fin de la grossesse viendra trouver son garagiste pour qu’il la débarrasser de cet enfant. L’enfant perçoit alors une certaine indifférence de la mère.
Après trente six semaines la mère veut se débarrasser de l’enfant.
Le bébé s’adapte mal, il part avec tout le bagage émotionnel traumatique de la mère.
Le bébé respire moins bien.
Le bébé est endormi par les anesthésiques utilisés pour l’opération er il va téter avec difficultés.
Ce bébé est non préparé, non terminé, il lui manque quelque chose.
La brutalité de la sortie du ventre est plus difficile à supporter. Surtout quand le travail de naissance n’est pas commencé.
Le bébé a-t-il besoin de la traversée du vagin pour se sentir complet ?
Le bébé ne risque-t-il pas de représenter un fardeau ?

La césarienne d’urgence

L’enfant s’adapte à peu près aussi bien que lors d’une naissance naturelle, si le déclenchement a débuté avant que ne commence l’intervention.

Le troisième groupe :

Répercussions de la césarienne-caprice pour le papa

Peu de père participe à la naissance.
Certains ne demandent pas et ceux qui le demandent, cela leur est refusé.
La césarienne est plus confortable pour le père elle lui évite les surprises. Il ne voit pas sa femme souffrir.
Le vagin n’ayant pas été élargi par le passage du bébé, le père n’est pas affecté dans ses sensations sexuelles au cours du coït.
Peu de père sont d’accord pour la naissance naturelle.
Pour le père l’enfant représente souvent l’arrivée d’un intrus, il se tourne entièrement vers sa femme.
L’éducation reçue (confère le résumé de l’atelier 2) ne les prépare pas à être père.

Conclusions

On assiste dans le monde occidental à l’apparition d’une méthode discriminatoire de mettre au monde les bébés.
Le bébé, il est vrai, squatte le ventre de sa mère et ce squat n’est pas toujours la fête pour elle.
Cette naissance va la transformer. D’une certaine façon elle paie les frais de la venue au monde de cet enfant pas toujours désiré.
Dans les sociétés où la médecine est pratiquement entièrement privée, les Etats-Unis par exemple ont un taux de césarienne très élevé : les deux tiers des naissances ont lieu par césarienne.
N’assistons nous pas là à une déshumanisation de l’être humain en même temps qu’à sa marchandisation ?
Par la césarienne, un écart se creuse dans la vision que nous avons du Créateur et de la Créature.