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Maternologia


50 concepts de base en maternologie

50 concepts de base en maternologie

AMOUR MATERNEL – considéré comme une affection naturelle de la mère à l’égard de son enfant, cet amour n’est cependant pas déterminé par l’instinct ni génétiquement programmé. Il relève des processus de la maternité psychique et notamment du transfert de l’Originaire dont il est l’expression. La maternologie étudie ce soi-disant effet de nature et elle en précise l’origine et les modalités.

ANTHROPOLOGIE – définie comme science générale de l’homme, l’anthropologie – souvent restreinte à l’étude de caractères biologiques ou de particularités ethnologiques – doit étendre ses investigations aux déterminations humaines fondamentales: origine, naissance, étapes du développement, acquisition du genre, genèse des rôles parentaux. A cet égard, la maternologie est aussi une branche de l’anthropologie.

ATTACHEMENT – la perte des conditions de totalité prénatale qui structure désormais le nouveau-né humain fait qu’il s’attache à la personne qui le rétablit dans son unité corporelle et psychique; réciproquement, la mère s’attache à l’enfant à qui elle rend cette totalité car le retour qu’en effectue le bébé la rétablit elle-même dans sa propre totalité. Ainsi, l’attachement n’en est rien programmé, mais relève du cycle du don.

AUTO-ATTRIBUTION DU MATERNEL – troisième stade de la maternogenèse au cours duquel la fille peut s’adjuger la possibilité d’être mère et, surtout, celle de détenir la capacité du maternel. Cette auto-attribution est du même sens et du même niveau que la reconnaissance de l’appartenance au genre.

BONHEUR – en maternologie, le sens de ce mot est précis. Le fœtus humain enregistre l’homogénéité de la vie prénatale normale et il vient au monde avec une structure corticale et une mémoire du corps marquées par l’expérience de la totalité. Ceci nécessite que les soins dont le nouveau-né est l’objet transposent son état originel en possibilité natale originaire. Ainsi, le bonheur, effet de la plénitude, est réellement l’origine de l’homme.

CARENCES DE TRANSFERT – le transfert maternel vers l’enfant suppose la mise en place des stades de la maternogenèse. Ceux-ci peuvent être insuffisants ou inadéquats, l’un ou l’autre stade étant alors déficient, détourné ou compensé. Ce qui correspond aux trois types majeurs de carence de transfert.

CONDITIONS ORIGINAIRES – ensembles de conditions nécessaires à la possibilité du vécu de totalité. Elles sont nécessaires à la naissance psychique du bébé comme à l’émergence du sentiment et des conditions maternelles. Il s’agit d’un environnement syncrétique ou ne sont pas mis en jeu les attaches et les objectifs du moi.

CONFIRMATION PAR LE PERE – quatrième stade de la maternogenèse au cours duquel la fille adresse à son père une demande de reconnaissance de la possibilité maternelle. La réponse positive paternelle, qui a pour effet d’inscrire le désir d’enfant dans la réalité effective, donne la force d’être mère.

CYCLE DU DON – à la suite du travail inaugural de Marcel Mauss (1923 – 1924, reed. 1989), on distingue trois phases à la situation de don: l’acte de donner, celui de recevoir et le retour du don. D’abord reconnue dans le cadre d’études sociologiques, cette situation s’applique aussi à la relation mère-enfant ou elle constitue un proto-langage qui élève des interactions à la fonction symbolique d’échange de la totalité.

DEPRESSION MATERNELLE – ce que l’on appelle dépression maternelle est un effet inéluctable de toute difficulté maternelle. Il résulte de la souffrance de ne pas sentir l’élan donateur pour l’enfant et de la culpabilité qui s’ensuit. La dépression observée, loin d’être un diagnostic et l’objectif du soin, est un symptôme qui renvoie à des causes qui doivent être identifiées (notamment l’effondrement) et qui détermineront les modalités de la prise en charge.

DIANALYSE – modalité de la thérapeutique en maternologie qui concerne plus particulièrement l’action du groupe soignant. Celui-ci, qui prend sur lui les projections de la mère susceptibles d’atteindre le bébé, les lui renvoie comprises et détoxiquées. Le mécanisme est analogue à celui qui a été décrit par Bion au niveau de la mère elle-même (fonction-alpha et éléments-beta).
(Jean-Marie Delassus, Sens de la maternité, 3e ed. Dunod, 2007)

DON – Mécanisme essentiel de l’actualisation de la totalité, le don est adapté spécifiquement au besoin natal du bébé. Car la totalité n’est pas une chose, mais un vécu. Si elle peut être cherchée de manière libidinale dans les substances rétablissant une homogénéité biologique, elle est surtout trouvée au niveau psychique dans l’intentionnalité spontanée de la donner et dans la possibilité d’éprouver cette donation.

EFFONDREMENT MATERNEL – sentiment indicible d’imminence mortelle de dislocation de soi. Le fait de redouter cette échéance (Cf. Winnicott) le fait vivre avant qu’elle ne se réalise et la rend effective sans même qu’elle ait lieu. Cette expérience extrême peut être latente pendant la grossesse et éclater chez la mère en phase terminale de l’accouchement.

EPIGENESE HUMAINE – ce n’est pas seulement l’évolution des espèces qui aboutit à l’homme mais, sur ce mécanisme de fond et l’aboutissement à l’ordre des mammifères, le fait que la spécificité de la vie intra-utérine est enregistrée par un cortex supplémentaire non déterminé génétiquement. Cette épigenèse complète la phylogenèse et détermine l’apparition de l’être humain.

FANTASMES ORIGINAIRES – distingués par Freud d’un ensemble plus général, certains fantasmes sont relatifs à l’origine et ont un rôle essentiel dans la constitution du psychisme et de ses strates inconscientes : scène primitive, différentiation sexuelle, castration, vie utérine ou originaire. Ces quatre fantasmes correspondent assez exactement aux stades de la maternogenèse.

GROUPE DE TRANSFERT – ensemble constitué par les soignants réunis dans un même esprit de compréhension et d’accueil de la mère et de sa difficulté. Ce groupe, qui favorise l’établissement des conditions originaires, n’est pas l’objet du transfert de la patiente, mais le médiateur pour favoriser son transfert maternel vers le bébé.

IDENTITE MATERNELLE – la maternité est un rendez-vous d’amour pour lequel une femme a besoin de toute son identité et d’un fort coefficient de valorisation personnelle. On ne peut pas envisager d’être mère ou de le devenir si l’on se sent dépréciée par soi-même ou par l’entourage. Le souci de préserver l’identité maternelle est un acte de prévention de la difficulté maternelle.

INCONSCIENT FORMEL – à la notion freudienne d’inconscient pulsionnel, il convient d’ajouter celle d’un inconscient de type fondamental mais de nature formelle. Conséquence notamment du refoulement du monde originaire en raison du matricide, la «forme» générale de la perception se trouve modifiée et s’oriente dans les investissements d’objet du moi.

INSTINCT MATERNEL – instaurée par le moralisme du XIXe siècle, cette notion n’est pas pour autant rejetée par les femmes: faute d’un autre terme, elles la reprennent volontiers à leur compte car elle leur parait correspondre à un éprouvé de sentiments et d’élans naturels a l’égard du bébé. Mais, sur le plan objectif, il faut voir à l’œuvre, à la place de l’instinct, une formation psychique acquise.

MALADIES MATERNELLES (TRANSFEROSES) – le fait que la maternité psychique relève d’une formation psychique et non d’un instinct explique la contingence de cette maternité. La souffrance éprouvée par la femme et sa difficulté ou son incapacité à être mère peuvent aboutir une véritable maladie maternelle. Le terme de maladie n’est pas exagéré, surtout quand il s’applique aux transféroses, c’est-à-dire aux anomalies pouvant frapper la capacité de transfert nécessaire pour établir la possibilité maternelle.

MALADIES DE LA NAISSANCE – l’accouchement d’un enfant et sa venue au monde réalisent une naissance psychique qui doit être complétée par une naissance psychique. Celle-ci, qui s’effectue dans le cadre de la relation maternelle, dépend de la transposition psychologique des données biologiques de la totalité prénatale.

MATERNEL – il faut caractériser l’ensemble des actes de la mère en rapport avec l’humanité de la maternité. Le maternel est le nom qui permet de rendre compte de l’état relatif à la capacité et aux moyens spécifiques d’assurer la totalité nécessaire à la naissance psychique et au développement de l’enfant. Des lors, le maternel est le signifiant de ce qui assure le transfert de l’Originaire sous la forme du cycle du don.

MATERNITE PSYCHIQUE – la maternité humaine ne peut se résumer à son versant physique pas plus qu’il ne suffirait, pour en rendre compte, de lui adjoindre l’ensemble des réactions psychologiques qu’elle suscite. Etat de l’inconscient, structuré par les étapes de la maternogenèse, la maternité psychique est un processus de transfert de la totalité originaire qui opère comme capacité du don.

MATERNOGENESE – quatre stades, correspondant aux quatre fantasmes originaires relevés par la psychanalyse, paraissent organiser la genèse de la maternité psychique: constitution de l’Originaire, rupture du syncrétisme, auto-attribution du maternel et confirmation par le père. L’ensemble de ses stades et de leur parcours constitue la maternogenèse.

MATERNOLOGIE – 1987; du rad. de maternité, et –logie. Didact. Démarche thérapeutique qui s’attache à la dimension psychique de la maternité et qui prends en compte les difficultés de la relation mère-enfant. (Le Grand Robert de la langue française, 2e édition, Paris, nov. 2001).
MATRICIDE – stade critique essentiel de la psychogenèse qui correspond à la phase d’opposition et débouche sur la période préœdipienne. L’enfant en veut à sa mère de n’être plus tout le maternel dans son inconditionnalité originaire. Il rejette alors sa mère et il intériorise le maternel. Du même coup, il saborde la totalité qui caractérisait la vie préœdipienne et qui était assurée par la présence de l’autre.

MALTRAITANCE – cycle de la violence qui se substitue au cycle du don quand celui-ci est impossible. En effet, ne pas pouvoir donner est une souffrance dont on attribue la cause à l’autre à qui l’on n’arrive pas à donner. L’autre, manifestant l’échec du donateur, suscite chez celui-ci une violence spontanée et totalement irréfléchie. L’inconscience de l’acte maltraitant et son aspect de réaction reflexe caractérisent la maltraitance.

MERE – classiquement: «femme qui a donné naissance à un ou plusieurs enfants». Cette définition doit se comprendre, au niveau humain, de manière élargie à la naissance psychique. La mère, qu’elle ait ou non accouché d’un enfant, est la femme qui procure habituellement et de manière transférentielle les conditions originaires d’un vécu de totalité postnatal.

NAISSANCE PSYCHIQUE – acte et période qui suivent la mise au monde et qui sont nécessaires au nouveau-né pour développer sa vie natale. Il s’agit, pendant cette phase de vie originaire, d’acquérir les moyens de vivre, ressentir et percevoir selon une optique qui, tout en étant au monde, donne la possibilité de proroger la totalité originelle par une relation syncrétique de base avec autrui.

ORIGINAIRE ET CONSTITUTION DE L’ORIGINAIRE – l’originaire est la période postnatale au cours de laquelle les données biologiques qui assuraient au fœtus l’expérience de la totalité sont reprises et transformées en éléments psychiques, ceci par effet de la totalité présentée par la mère et extrapolée en présence du monde. L’originaire qualifie cette période en même temps que le premier stade de la maternogenèse.

PARENTALITE – la mère et le père ne sont pas parents de l’enfant du seul fait de le concevoir, de l’engendrer et de le mettre au monde. Au-delà de cette parenté physique intervient le partage avec l’enfant de la totalité qu’il amené comme exigence et comme besoin issus de la nature de son être natal. L’entente de l’être de totalité de l’enfant, et non les mesures éducatives, définit la réelle parentalité.

PATERNITE PSICHIQUE – modalité de la relation du père à l’enfant qui transcende et accompli la paternité physique et généalogique. Elle comporte deux étapes. La première, précoce, débute avec le dépassement de la scène originaire, ce qui installe un cycle du don du père englobant la mère et l’enfant. La seconde, plus tardive, est constituée par la réponse au besoin spécifique de l’enfant quand, ayant effectué le matricide, il se tourne vers une figure paternelle.

PERE – la définition classique du père est semblable à celle de la mère: «homme qui a engendre et qui a donné naissance à un ou plusieurs enfants». Mais on ne saurait se limiter à cette version des faits. Le père, qu’il ait ou non engendré un enfant, est celui qui répond, de sa place d’homme, à la nécessité que soit entendu, reconnu, et légitimé le besoin de totalité de l’enfant. La loi du père n’est fondée et équitable que sur cette base. Ainsi, au père agent se substitue la plus juste réalité du père intime.

PREMATURATION – hypothèse généralement admise sans autre démonstration que l’évidence de l’état d’incapacité motrice du nouveau-né humain. Mais cet état – observe conjointement avec la présence de compétences sensorielles précoces – ne relève pas d’un défaut de maturation. Il est dû à la dissociation de l’arc reflexe sensori-moteur produite par l’interposition des éléments de totalité prénatale inscrits dans les zones corticales non programmées génétiquement.

PREOEDIPIEN – période antérieure à l’installation du complexe de l’Œdipe et donc à la triangulation œdipienne. Elle est classiquement identifiée comme moment du développement de la sexualité infantile. Cette conception néglige le fait essentiel que pendant cette période s’instaure la perception originaire de l’enfant, c’est-à-dire sa capacité à reconnaitre et à vivre la totalité dans la présence du monde, de soi et d’autrui.

PROTO-REGARD – premier lever des yeux, en général immédiatement postnatal, d’une extraordinaire intensité où l’enfant ne voit encore rien de précis, mais ou se donne à voir de manière émouvante sa recherche de l’état d’homogénéité et de vision intérieure qui était jusqu’ici le sien et que la venue au monde vient d’interrompre.

PSYCHOLOGIE DE L’ALLAITEMENT - l’allaitement (indifféremment au sein ou au biberon) est un mode de relation de l’enfant à sa mère et non seulement un état alimentaire. Il implique à la fois la restauration du bien-être corporel et l’expérience renouvelée de la totalité éprouvée dans et par le don maternel. Ainsi, l’enfant est au sein nourrissant en même temps qu’au sein de la présence. Trois phases ont été identifiées dans le déroulement d’un allaitement normal.

RELATION DE MILIEU – la relation de milieu est un état d’intentionnalité partagé entre plusieurs personnes, tel que l’homogénéité psychologique ainsi établie permet l’accès à des niveaux de soi originaires habituellement refoulés et investis dans des relations d’objet compensatrices.

RUPTURE DU SYNCRETISME – le syncrétisme, qui unissait, toutes vies confondues, la mère et l’enfant, ne peut durer au-delà d’une certaine limite. La mère doit éduquer l’enfant et celui-ci réplique par des protestations d’indépendance. En tout cas, il veut préserver et agir lui-même son besoin de totalité. Ce qui amène, moyennant l’acte du matricide, à la rupture du syncrétisme; ceci constituant également le deuxième stade de la maternogénese.

SCENE ORIGINAIRE – ce concept, bâti sur le modèle de la scène primitive, rend compte de l’épreuve qu’il a pour l’homme devenu père de voir devant lui la mère et l’enfant réunis. Il réalise alors qu’il n’est pas la mère et qu’il n’est plus l’enfant bénéficiant de la mère. Cette reviviscence de ses renoncements infantiles peut mener à l’envie violente ou à surpasser la situation en l’investissant; ce qui déclenche alors le mouvement initial de la paternité psychique.

TERRITOIRES CORTICAUX LIBRES – part importante du cortex humain qui n’est pas programmée génétiquement et qui correspond aux «aires associatives». Celles-ci sont généralement considérées sous le seul angle de leur fonctionnement postnatal. Il convient d’envisager leur activité dès leur maturation et en fonction de leur capacité à intégrer ainsi l’expérience de la totalité biologique prénatale: ce qui fait naître l’homme avec une structure épigénétique correspondant au sens de la totalité.

THERAPEUTIQUE DU NON-AGIR - le transfert de l’Originaire et l’émergence de la capacité du don ne peuvent se prescrire. Ainsi, le soin de la difficulté maternelle implique de préserver la spontanéité de la mère. La thérapeutique doit tenir compte de cette nécessité et s’adapter à ce champ clinique spécifique en privilégiant le non-agir et la présence intentionnelle.

TOTALITE – dans le cadre d’une grossesse normale l’homogénéité des conditions de vie prénatale plonge le fœtus dans l’expérience de la totalité vitale. Celle-ci, enregistrée par les territoires corticaux libres, devient un besoin spécifique qui redétermine le fondement animal en être humain. «Humain» veut dire: ayant le sens supplémentaire, le sens de la totalité, qui devra par la suite acquérir ses modalités psychiques.

TRANSFERT MATERNEL DE L’ORIGINAIRE – l’enfant qui vient au monde a besoin que se continue sa vie originelle de totalité; la mère qui met cette enfant au monde a besoin de lui donner la totalité qui est l’optique suivant laquelle elle l’a désiré. Il y a ainsi, normalement, passage nécessaire et désiré de la totalité de la mère à l’enfant. Ce transfert maternel est un transfert de l’Originaire maternel.

TRAUMATISME NATAL – la naissance apporte à l’enfant un accroissement violent de tensions liées à l’afflux d’excitations externes. C’est une première version du traumatisme natal. Mais celui-ci est aussi dû au fait que le nouveau-né est plongé dans un univers présentant une différence quasi-totale par rapport à la totalité dont il provient. Dès lors, le traumatisme natal est essentiellement ce qui affecte la totalité et son vécu.

VIDEOCLINIQUE – utilisation médicale des moyens de prise en vue et d’enregistrement vidéoscopique pour l’abord séméiologique et le diagnostic. Cette technique, indispensable dans l’observation des relations mère-enfant, permet de voir au ralenti, en arrêt sur l’image, de révisionner des scènes et de les étudier en groupe. A cette occasion, les soignants peuvent exprimer leurs affects et acquérir une expérience plus objective et partagée.

VIE FŒTALE – l’existence humaine commence pendant la vie fœtale et elle se détermine de manière épigénétique pendant cette période. La précocité des fonctions sensorielles permet de ressentir les qualités homogènes du milieu vital qui sont alors enregistrées par les parties non programmées du cortex. Ainsi, la totalité originelle gardée en mémoire structure désormais la nature et les besoins de l’être humain.

VISION INTERIEURE – état fœtal de la perception qui, sans qu’elle n’ait affaire à aucune forme distincte, voit de manière directe la totalité ambiante. Son apparence indéfinie mais illimitée provient du recueil et de la transcription de l’homogénéité globale du milieu par l’activité sensorielle générale.