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Maternologia


Interview d’un médecin en cours de formation auprès de l’Association Française de Maternolgie

Monsieur Ciolompea, vous revenez de la troisième semaine de formation et nous vous interviewons pour préparer la dernière.

- Qu’est-ce qui vous a donné envie de suivre cette formation?
Tout d’abord, pendant mes études j’ai beaucoup aimé la psychologie,la psychiatrie et la pédiatrie ; la perspective professionnelle ensuite ; la possibilité d’entrer en contact avec la culture française, avec laquelle je suis lié par les années terminales du lycée,en classe bilingue; la possibilité de lutter contre la monotonie de l’habitude ; celle de me faire de nouveaux amis parmi les participants ; celle d’ouvrir mes perspectives de vie et surtout pouvoir promouvoir et aider à appliquer dans le concret les concepts de la maternologie en Roumanie, en collaboration avec l’Association « BBB »
L’amie qui m’a parlé de maternologie m’a expliqué que celle-ci complétait de façon importante la connaissance que l’on avait jusqu’ici sur les mères et les bébés, qu’il s’agissait véritablement de porter un regard neuf sur eux et leur père aussi bien sûr. Et qu’il était absolument urgent et nécessaire de transformer la façon d’agir avec eux trois.
- Quelle sorte d’ambiance avez-vous trouvé là-bas ?
Très ouverte, interactive, avec des feed-back permanents entre les intervenants et les personnes formées qui peuvent apporter, à tout moment, leurs propres expériences.
- Qu’est –ce qui vous a étonné ?
Oh il y a beaucoup de choses ! Tout d’abord c’est l’utilisation de la vidéo. Sur les trois sessions nous avons, à chaque fois, pu visionner des quantités de vidéo récentes ou anciennes, il y en avait une qui datait de 15 ans
Comme vous le savez, Mr Delassus a travaillé 21 ans des cas cliniques que très vite il a étudiés avec la vidéo-non active, c’est-à-dire la mère et son enfant étant seuls, avec l’accord de la mère bien sûr, derrière une glace sans tain.
Nous avons pu voir des mères qui allaitaient, soit au sein soit au biberon, du commencement à la fin de la tétée. Par exemple on voyait, à son arrivée dans le service, une mère et son bébé qui allaient très mal tous les deux, puis on revoyait les deux, trois mois plus tard, le bébé ne pleurait plus, au début il était agité ce qui le gênait pour boire, là il était calmé, il souriait. La mère qui montrait une grande anxiété parce que le bébé avait des difficultés à boire, parce qu’il n’avait pas faim … était souriante, détendue.
C’est inimaginable comme on perd de vue de tout petits gestes, de tous petits échanges très significatifs entre la mère et l’enfant. Avec la vidéo, on peut arrêter sur l’image et on voit des choses étonnantes, par exemple la façon dont le bébé, au moment de boire, vérifie si sa mère le regarde ou pas, alors qu’il a l’air de dormir.
La vidéo est une méthode d’observation pure, de non-action. Tout le temps de la session chacun peut poser des questions donner ses propres exemples et comparer. Sans la vidéo on n’aurait pas pu voir à quoi réagit le bébé. Avec la vidéo, on peut aussi voir par exemple des bébés qui vont bien avec des mères qui trouvent qu’ils ne vont pas bien. Ce qui m’a beaucoup étonné.
- Combien de personnes se formaient avec vous ?
Il y a 40 participants, psychologues, sages-femmes, pédiatres, néonatologue, puéricultrices, …
- Continuons à propos de vos découvertes, de vos étonnements ?
C’est difficile, tout au début de comprendre ce qui se passe entre une mère et son enfant.
Le premier regard a été une nouveauté totale : nous avons appris par des anciennes théories que les yeux du bébé à la naissance peuvent voir la lumière mais ne peuvent pas voir leur mère donc cela n’a pas d’importance si c’est quelqu’un d’autre qui le prend dès qu’il est né. On nous a appris aussi que le bébé n’a pas encore de psychisme, il réagit seulement par réflexe pendant les premiers mois et pendant ce temps on a un petit jouet qui réagit très bien ! Evidemment ces croyances ont été bien vite balayées !
Avec la maternologie on voit la particularité du premier regard qui est comparé à un coup de foudre, il ne peut être remplacé par rien. Le bébé trouve en sa mère un correspondant externe du lieu d’où il provient, c’est-à-dire du ventre de sa mère. Ce premier regard qui dure deux ou trois heures si le bébé est resté avec sa mère tel qu’il est sorti de son ventre, posé sur elle, peau à peau. Si, par contre, quelqu’un d’autre prend le bébé deux ou trois heures plus tard, il a perdu ce premier regard si extraordinaire, qui montre l’étonnement, l’attente qui semble venir des profondeurs de son être. Et qui touche ses parents en profondeur et les rendent littéralement amoureux de leur bébé. Sinon quand on le rapporte quelques heures plus tard, il a le regard de tous les bébés.
On a fait des études, juste au moment de la naissance, sur le taux d’adrénaline et de noradrénaline qui est trois fois plus élevé que celui des malades qui souffrent de phéochromocitome, ce qui montre le degré de stress du bébé juste après la naissance .
Le bébé sort d’une homogénéité totale ressentie par tous les sens dès 4 mois et demi de gestation, et enregistré dans son cerveau où se trouve des zones non programmées lesquelles ont enregistré pour toujours, ses sensations intra-utérines de perfection vitale. La présence de sa mère l’assure qu’il n’arrive pas dans un monde hostile, il retrouve les battements de son cœur, son odeur, sa voix dont certains auteurs disent qu’il sent les vibrations par sa colonne vertébrale dès la fin du 1er trimestre de la grossesse. Informations qui lui permettent de supporter le choc de l’accouchement et celui de l’arrivée dans un autre monde.
S’il n’a pas été mis tout de suite sur le ventre de sa mère, son psychisme en restera marqué pendant l’enfance peut-être encore dans l’adolescence et même bien plus tard parfois.
Les 3 phases de l’allaitement c’était aussi l’inconnu total.
L’allaitement, très longuement observé comme on peut l’imaginer, dans le service de maternologie, comporte trois phases : absorption, dialogue, rêverie.
On donne le biberon ou bien on le met au sein:

1. le bébé regarde si sa mère le regarde, il peut alors s’absorber,(il a faim), dans le travail de se nourrir, il boit, il boit assez vite le regard fixe, quand le plus gros de sa faim est apaisé,

2. il s’arrête regarde si sa mère le regarde, si c’est le cas,

3. il reprend alors la succion, plus tranquillement, apaisé, et peut regarder autour de lui, en rêvant.

- On vous a parlé aussi des maladies de la naissance, de l’effondrement maternel, du petit guérisseur !
Oui bien sûr mais je préfère en rester là pour aujourd’hui. Nous verrons cela plus tard quand j’aurai bien absorbé l’ensemble de la formation. Et je ne prévois pas de pouvoir le faire avant le mois de septembre.

20 04 09