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Maternologia


Croyances

L’atelier de maternologie II (6 et du 7 mars 2010)

Résumé du travail sur les croyances.

Nous avons travaillé à partir de ce que le groupe savait des idées préconçues, des stéréotypes et des croyances sur l’éducation des enfants de zéro à 7 ans environ, avant de parler de : « Comment devient-on mère ? » – « Comment devient-on femme ? » et « Comment devient-on père ? »
C’est-à-dire nous nous sommes demandé par quelles épreuves le petit enfant passe-t-il pour devenir mère, femme ou père, du fait des croyances de ses parents, de la population (de l’opinion public en général).
Le groupe a été divisé en trois, voici ce qu’ils ont dit :
Le premier groupe a travaillé sur les bébés de 0 à 8-10 mois.
Le deuxième sur la fille de 10 mois à 6-7 ans.
Le troisième sur le garçon de 10 mois à 6-7 ans.

Le premier groupe: bébés de 0 à 8-10 mois:

-Le bébé est petit, il ne sait rien, il ne voit rien.
-On laisse pleurer les bébés, cela développe leurs poumons.
-Avant la naissance on n’achète rien pour le bébé.
-Pendant la grossesse, il ne faut pas que la mère regarde un enfant laid ou un enfant handicapé parce que cela peut être transmissible.
-Certaines choisissent la césarienne comme moyen de protéger et même de sauver la vie de l’enfant. (Pensent-elles qu’elles pourraient faire du tort à leur enfant en accouchant mal ?)
-Le colostrum est mauvais, il peut faire du tort au bébé. (Le corps, la mère perçue comme mauvaise ?
-Si le bébé meurt avant le baptême, il est enterré dans un coin spécial du cimetière et le prêtre ne dit pas de messe pour lui.
-Huit jours après la naissance, il faut aller à l’église chercher de l’eau bénite utilisée pour purifier la mère et l’enfant à la maison avant le rituel de purification qui doit avoir lieu, impérativement au quarantième jour après la naissance. Si elle ne le fait pas la mère ne pourra pas assister au baptême de son enfant.
-Le bébé ne peut pas sortir dehors avant son baptême.
-Jusqu’à son baptême on ne lui dit pas son nom ; on l’appelle bébé.
-La marraine a le droit de donner son prénom à l’enfant. C’est généralement le deuxième.
-Il est interdit de déshabiller le bébé pendant 24 heures tant que la marraine n’est pas venue.
-La mère ne lave pas les vêtements du nouveau-né pendant la première semaine ou les deux premières semaines.
-Le deuxième jour après le baptême, il y a le rite du bain ; avant de le laver on dépose dans la baignoire de l’argent, du miel du lait, des fleurs des pétales des plumes.
-Le père n’est pas impliqué dans les soins du bébé parce qu’il ne sait pas.
-La toute-puissance des grands-mères maternelles est grande dans les soins aux bébés.
-Le bébé est sensible c’est pourquoi il faut l’emmitoufler même dans la maison. Même en été.
-On l’emmaillote quelques jours de haut en bas pour que ses jambes soient droites.
-Les filles sont habillées en rouge, les garçons en bleu.
-On achète les jouets en fonction du sexe de l’enfant.
-La télévision, la radio, l’ordinateur sont allumés en permanence, parce qu’il faut que l’enfant s’habitue au bruit.
-On ne met pas le petit enfant dans un baby-trot parce que cela pourrait lui déformer les jambes.

Le groupe 2 : la fille de 8-10 mois à 7ans
-Les filles sont habillées de rouge, rose, blanc, orange.
-A un an il faut « rompre la galette au- dessus de la tête »
-Au premier anniversaire, pour le garçon comme pour la fille, on pose dans un récipient des objets différents suivant le sexe : (mais de l’argent des deux côtés) des fleurs, des feuilles, une petite voiture, une petite poupée … des cailloux … tout ce qui fait plaisir aux parents. Son destin sera marqué par ce qu’il a choisi en premier.
-Leurs cheveux doivent être longs.
-Leurs jouets sont surtout des poupées. En tout cas différents de ceux des garçons.
-On leur dit d’être plus sages que les garçons.(Ne pas manifester : ne pas montrer leur rage, leur fureur, ne pas batailler ; les garçons ont le droit).
-On dit que les filles parlent plus vite. Qu’elles sont plus précoces.
-Les filles s’occupent de leurs petits frères et soeurs surtout dans les familles pauvres.
-Quand la mère n’est pas là, la fille assume les travaux ménagers.
-Au dehors l’image des filles est plus importante. « Les garçons sont des garçons ! ».

Le groupe 3 : le garçon de 8-10 mois à 7-8 ans

-Les garçons sont habillés en bleu, en couleurs foncées.
-Ils ne portent pas de robes, de nœuds, de bijoux, de maquillage.
-Ils ne doivent pas se regarder trop souvent dans le miroir, ni accorder trop d’importance à leur aspect extérieur.
-Il peut se salir, abimer ses chaussures, ses vêtements.
-Il porte des chaussures de type sport.
-Le garçon est bon au sport pas à la lecture
-Il ne doit pas pleurer, pleurnicher non plus, pas de câlineries ni de gâteries.
-Il doit être dur, fort, agressif ; il a la permission de se battre avec les garçons.
-Il ne doit pas être cajoleur avec sa mère, ni être sensible.
-Il faut qu’il tende la main et la serre comme les hommes fortement.
-Il faut qu’il soit énergique, il peut sautiller, sauter, crier. Il faut qu’il joue avec des petites voitures
-Il doit faire ce que papa fait : réparer, casser, briser, enfoncer des clous, travailler à l’ordinateur.
-Ne pas faire comme maman, ne pas coudre, demeurer dans la cuisine, laver la vaisselle …
-Ils sont plus « valorisés », plus désirés par le père, la mère, les grands-parents, parce qu’ils transmettent le nom de famille.
-Ils doivent être protecteurs et délicats avec les filles, pas avec les garçons.
-Ils parlent difficilement, plus tard.
-Ils sont plus intelligents, plus débrouillards, ils souffrent moins.
-Ils ont plus de liberté, droit à plus d’initiatives. Ils peuvent bouger, se déplacer.
-Ils sont plus difficiles à maîtriser, la mère a peur de ne pouvoir les contrôler.
-Au jardin d’enfants on n’attend pas les mêmes performances.
-Les raisons de frapper l’enfant sont nombreuses et même viennent du Ciel.
Et j’ajoute une phrase entendue autour de moi souvent: « Je t’ai fait, je te tue » que les parents crieraient en battant l’enfant.
-Cette fois il me semble important de vous soumettre mes hypothèses sur les effets produits sur les enfants pas ce système de croyances.
 Hypothèses
Tout répond aux besoins. Les parents répondent à ce qu’ils croient être les besoins des enfants, or ce sont leurs besoins à eux d’avoir des enfants sages auxquels ils répondent.
Mais alors où est le désir ?
Et où trouve-t-on la trace d’une réponse à « l’intense sensualité et à la forte activité de recherche du plaisir » (cf J.M.Delassus dans le site) du bébé et du petit enfant ?
Mais alors où est le sexe ?
Quel avenir peut-on prévoir pour la sexualité des couples ?

L’image m’est venue d’une petite fille bien sûre et très tôt d’être une petite fille et d’un petit garçon pour qui c’est la même chose. On est sûr du genre où les parents nous ont situés presque de force.
Le piège mortel de la phrase « Les garçons sont les garçons ! », curieusement dite dans le groupe des filles, m’a effrayée.
Quelles émotions les parents éprouvent-ils en attendant que soient révisés la mère et le bébé par l’Eglise.

Heureusement un changement s’amorce chez beaucoup de jeunes parents.